Attendre le "bon moment”... jusqu’à quand ?

par Sylvain Hascoët - publié le mai 15, 2021

Chers amis,

 

“Le seul projet impossible est celui qu’on ne commence jamais.”

 

Pour ceux qui me lisent depuis quelque temps, je n’ai rien d’un philosophe !

 

J’étais d’ailleurs nul en philosophie au lycée, dans ma Bretagne natale.

 

Mais je me répète souvent cette phrase, parce qu’elle a longtemps empêché mon ami Paul, et sa femme, de franchir le pas de la retraite hors de France.

 

Ils ont plusieurs fois remis à plus tard leur projet. Pour être prêts, au bon moment. 

 

Je les connais bien tous les deux. Ce sont des gens sérieux, la tête sur les épaules. Et pourtant, ils ont fini par réaliser qu'il n'y aurait jamais de “moment parfait”.

 

S’ils voulaient vraiment que leur vie de rêve devienne réalité, ils devaient se jeter à l’eau de toutes façons.

 

C’est ce qu’ils ont fait.

 

Leur histoire est vraiment chouette, j’espère qu’elle vous fera réagir !

 

On s’était endormis

 

“Je suis né dans une famille d’aventuriers. A la maison, mon père avait toujours des magazines sur la table basse du salon, du type GEO ou National Geographic.

 

Je me souviens d'une publicité incroyable : on pouvait financer une opération de plongée sur l’épave d’un galion espagnol qui venait d’être découvert dans l'océan Pacifique. 

 

Pour un investissement de 10 000 francs (à l’époque c’était une somme), on nous promettait une part du trésor vieux de plusieurs siècles. De l’or, des pierres précieuses… bref, le loto, mais version aventurier ! 

 

Ma femme Véronique vient aussi d’une famille d’aventuriers en quelque sorte. Son papa était militaire de carrière et toute la famille a bourlingué au gré des affectations. Elle a la France chevillée au corps mais… elle a toujours aimé vivre à l’étranger.

 

Après notre mariage, notre fille est rapidement arrivée, suivie trois ans plus tard par notre fils. 

 

Alors on a mis de côté nos envies de départ et on a construit nos vies autour de nos carrières respectives et de notre joli pavillon acheté dans les Yvelines. 

 

Pendant des années, grâce à de bons salaires, on a voyagé vers des destinations qui nous tenaient à cœur : Thaïlande, Portugal, Malaisie, Grèce, Maroc, Italie…

 

Et à chaque fois, on imaginait notre vie sur place. Le temps de quelques jours on tirait des plans sur la comète.

 

Mais de retour en France on était vite rattrapés par des choses beaucoup plus terre à terre : ici on a un bon salaire... on n’a pas fini de payer la maison...les enfants se plaisent à l’école…

 

Avec Véronique, ça ne nous a pas empêchés année après année, de renouveler notre promesse : le moment venu, on partirait...

 

Ne plus attendre  

 

On aurait pu attendre longtemps l’alignement des planètes. 

 

En fait Véronique et moi on ressentait la même chose : on profitait de moins en moins de nos vies, mais aussi de nos enfants. 

 

On a eu le déclic à un moment clé de notre vie de famille : notre fille allait rentrer au lycée et notre fils au collège. Le temps avait filé. Et on se laissait bouffer par la routine, avec ces enfants toujours dehors, à leurs activités ou à l’école.

 

On a décidé qu’on n’attendrait pas une nouvelle fois 15 ans. Et encore moins jusqu’à la retraite pour réaliser notre rêve et le partager avec nos enfants.

 

On s’est donnés 1 an

 

Le choix de l’endroit a vite été arrêté, on le connaissait, c’était Lisbonne. On se réjouissait d’avance de la douceur du climat. Et les opportunités professionnelles ne manquaient pas. De nombreuses familles d’expats français y vivaient déjà et les établissements scolaires français étaient réputés.

 

Y’avait plus qu’à !

 

Le pari gagnant

 

Aujourd'hui, près de trois ans après notre déménagement, on est sûrs d’une chose : on a fait le bon choix.

 

Le lycée français Charles Lepierre de Lisbonne est excellent. Les enfants sont ravis d’y aller (la grande a fini le lycée l’année dernière ). 

 

C’était la première fois qu’ils étaient dans la même école. Ils se sont créés un groupe d’amis communs, vont parfois aux mêmes évènements, à des petites fêtes. En tant que frère et soeur, ça les a rapprochés. 

 

De notre côté, on est franchement bien retombés sur nos pattes : on a pu mettre notre maison française en location et les loyers finissent de rembourser le prêt. 

 

J’ai rapidement trouvé un poste dans le digital, comme ce que je faisais en France, un peu moins bien payé mais ça allait. J’ai galéré au début car je ne parlais pas portugais. Mais aujourd’hui tout se passe bien.

 

Véronique elle, a maîtrisé les bases du portugais super rapidement, j’étais bluffé. Elle a monté sa petite boîte. C’est pas encore une grosse start-up à succès, mais elle va son petit bonhomme de chemin.

 

On habite tout proche de là où on travaille tous les deux. Ça nous offre le temps qu’on voulait pour passer avec les enfants, lire un bouquin ou aller boire un verre avec nos nouveaux amis.”

 

Le goût de Paul et Véronique pour l'aventure leur a clairement permis de sortir des sentiers battus et de tracer leur propre route, sans attendre le moment idéal. 

 

Et c’est bien là l’essentiel, que je me répète depuis 10 ans : le bon moment n’arrivera pas, c’est vous qui le provoquerez.

 

Si vous avez déjà sauté le pas, partagez avec nous votre aventure en laissant un message ici.

 

Bien chaleureusement,

 

Sylvain Hascoët

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Pacheco
1 mois il y a

Merci pour ces bons conseils oui c'est dur de trouver le bon moment . Mais que c est bon de se trouver dans le domaine q on a toujours rêvé . Oui la vie est totalement différente mais le climat y est pour beaucoup

Yatros
1 mois il y a

La lecture des lettres des expatriés est toujours un immense moment de plaisir qui plus est pendant cette période de restrictions en tous genres.

De retour de Grèce (une fois de plus) j’envie mon fils déjà parti vers d’ autres cieux dès l’ adolescence et regrette sincèrement de ne point pouvoir aussi sauter le pas (raisons familiales)

Je participe pleinement à votre enthousiasme d’ avoir “mis les voiles” et me contente, malheureusement de ne passer que 5 mois 1/2 par an aux côtés de tous mes amis Grecs.

Je vous souhaite beaucoup de satisfactions au Portugal et apprécie totalement le fait que vous puissiez vous épanouir dans ce pays...

Boisis Josseline
1 mois il y a

J’ai très envie de partir passer ma retraite ailleurs dans des pays moins chers et plus ensoleillés Espagne Italie sud, Portugal , en location dans une moyenne ou petite ville de bord de mer, l’italien et l’espagnol appris dans l’enfance , et anglais donc pas de problème d’adaptation , je pars seule 65 ans et j’ai hâte de sauter le pas et habitant le sud de la France ( Nice ou je ne m’habitue pas depuis 2 ans a tout niveau surtout financier)je pense qu’il serait bon peut-être d’aller faire un repérage pour 1 semaine de vacances , que me conseiller vous ? J’ai une voiture et la frontière espagnole est à 280 ou 300km et une assez bonne retraite