TOUT QUITTER, VRAIMENT ?

L’alternative : faire l’hirondelle !

par Sylvain Hascoët - publié le février 19, 2021

Chers amis,

 

Edith Piaf l’a chanté :

Avec mes souvenirs

J'ai allumé le feu

Mes chagrins, mes plaisirs

Je n'ai plus besoin d'eux !

Au moment de s’expatrier, certains “quittent tout” le cœur léger, vendent leur appartement, bazardent la voiture, vident la maison familiale qui regorge de souvenirs.

Il se séparent d’un “bout de leur vie”...

Je ne suis pas de ceux-là.

Pour la majorité d’entre nous, tout quitter, définitivement, semble effrayant, inimaginable. 

A mon avis avec raison !

Notre départ à l’étranger n’est pas une fuite, un exil sans machine arrière !

“On sait ce que l’on quitte, on ne sait pas ce que l’on prend” nous dit le vieil adage.

Ne soyons pas binaires :

  1. Nous ne devons pas TOUT quitter, abandonner TOUT le monde avant de partir sur une île déserte siroter des cocktails.
  2. De même que nous ne devons pas TOUT garder de ce que nous avions avant !

 

Je vous propose une solution médiane : passer à mi-temps.

Rassurez-vous, je ne vous propose pas de reprendre le travail après votre retraite.

Mais plutôt une troisième voie : 

“1ère mi-temps à l’extérieur, 2ème mi-temps à domicile” m’a écrit Michel.

Grosso modo, on est en Franche-Comté d’avril à septembre, et en octobre, on fait comme les hirondelles, direction le Sud pour passer l’hiver au soleil !”

“En fait, on l’a fait graduellement. C’était impensable pour ma femme de tout quitter, de laisser notre vie dernière nous. Ça a commencé par 15 jours de vacances. L’année d’après, on a loué un appartement pour 1 mois. Et on a rallongé au fur et à mesure. On a maintenant trouver notre rythme de croisière et on est très heureux comme ça”

Le mode de vie alternée est une EXCELLENTE option pour sauter le pas sans avoir l’impression de couper brutalement les ponts. 

Par contre tout le monde n’a pas les moyens de le faire.

J’ai recensé plusieurs options pour vous, grâce à de précieux témoignages.

Il en existe forcément d’autres, des spécifiques. N’hésitez pas à me les envoyer ici, cela pourrait intéresser les lecteurs de Retraite au Soleil.

  • Garder votre bien en France vide + louer un meublé sur place

Isabelle est en pré-retraite depuis 3 ans. “Je suis locataire d’un T2 dans le centre de la Rochelle. Je suis plutôt maniaque donc pour moi, pas question de le sous-louer à des inconnus. Ma fille a les clés, donc pendant ma “saison espagnole” d’octobre à avril, elle vient régulièrement relever le courrier. Je connais bien mes voisins de palier, s’il y a quoi que ce soit, il m’appelle.”

  • Garder votre maison en France et la mettre en location sur une période de quelques mois + louer un meublé sur place

Aline et Gérard sont retraités depuis 3 et 5 ans.

“On a tenu à garder notre maison à Vannes. Notre prêt est remboursé depuis plusieurs années maintenant. On n’a pas fait tout ça pour rien. C’est notre patrimoine. La sous-louer quand on n’est pas là, c’est ce qui rend possible cette vie. Sinon, on ne pourrait pas se le permettre.  Les 3 dernières années, on a réussi à louer sur des périodes de presque 6 mois à chaque fois. Côté Portugal, on va toujours à Carvoeiro, mais on change de location tous les ans. La dernière maison, à 200 mètres de la mer, est vraiment notre coup de cœur. On a déjà réservé pour la prochaine basse saison. Dès octobre, pour 6 mois fermes cette fois.”

  • Garder votre maison en France vide + investir sur place 

“Je suis veuf. Avec la vente de mon affaire, j’ai eu un petit pécule. 

Ce projet d’appartement acheté sur plan à Agadir (Maroc)  m’a donné un second souffle. Un nouveau départ. Pendant les mois d’hiver, j’ai de la famille qui vient me voir au soleil. L’été je retourne en Alsace, je fais la route des vins avec mes vieux copains ” Philippe est ancien agent général d’assurance à Colmar.

  • Garder votre maison en France vide + investir sur place en louant ce bien pendant la saison touristique

Gilles et Laure, anciens commerçants en Rhône-Alpes :

“Notre fils travaille dans l’immobilier. Il nous a beaucoup aidé à imaginer ce projet. On a acheté un bien qui s’autofinance presque à 100%. 4 mois de location en haute saison (qui ne nous intéresse pas : trop touristique) permettent de couvrir 10 mensualités de prêt. On a eu quelques retards à l’allumage  au début mais l’Espagne et la France ont des fonctionnements proches, on n‘est pas livrés à nous-mêmes. Aujourd’hui, c’est la pura vida ce système !”

  • Renverser la situation : vendre votre bien en France + faire l'acquisition de votre nouvelle résidence principale à l’étranger. Pour vos retours en France prendre des locations longue durée.

“Mon mari a commencé à travailler à 16 ans. Sa première année de retraite a été une grosse désillusion. On faisait beaucoup moins de sorties, de petits week-ends, faute de moyens. On a vendu notre pavillon à Brétigny-sur-Orge (78). Aujourd’hui au Portugal ce n’est plus le même homme. Il fait du vélo tous les jours, on va au marché de Cascais 3 fois par semaine. Et tous les matins, c’est le soleil qui nous réveille”

Marie et Manuel m’apprennent beaucoup de choses sur le Portugal (dont une partie de ce vous lisez parfois).

Vous le constatez :  il y autant d'options que de situations.

Alors pas de stress !

C’est un menu “à la carte” ou tout dépend de vous !

De qui vous êtes, de ce que vous souhaitez, de ce que vos finances vous permettent d’envisager.

Bref, il n’existe pas de “meilleure option”. Il y a le choix raisonné de Gérard et Aline. La solution adéquate pour Isabelle. La formule permise par les finances de Philippe.

Bien à vous,

Sylvain Hascoët

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DROIN
3 mois il y a

Prête +++ pour la Sardaigne.
Seul problème, trouver quelqu'un pour s'occuper de mes chats en mon absence. Vous avez une solution ?

Martial
2 mois il y a

Bonjour
La plupart des solutions que vous évoquez ne prennent pas en considération la notion d'expatriation fiscale.
Si on souhaite bénéficier d'un régime fiscal plus favorable dans le pays d'accueil et SI ce pays a signé une convention pour éviter la double imposition, alors il ne faut conserver aucune activité économique en France (résidence secondaire, résidence principale vide pendant 6 mois, abonnements téléphoniques, abonnement à des clubs, véhicule immatriculé en France, assurances, abonnements internet, revenus fonciers, enfants à charge scolarisés en France ou dans un pays limitrophe, comptes bancaires avec dépenses par carte de paiement en France etc..).
Le fisc français est extrêmement vigilant, sinon gare à la double imposition...
Bref il faut vivre, quand on revient en France (182 jours/an en faisant attention aux années bissextiles) comme un nomade, loger chez l'habitant, des amis, ou dans un gîte, et laisser le moins de traces possibles (factures, tickets de parking, péages).
Je pense qu'un petit topo par un avocat fiscaliste serait utile pour éclairer vos lecteurs.
Cordialement.

colette NICOLAS
1 mois il y a

c'est bien tout çà mais tous ceux qui écrivent sont deux et du capital mais la vie fait que qqfois on est seul plein de rêve et ils ne pourront se réaliser ;tout les retraités aimeraient passer l hiver au soleil alors pouquoi pas la coloc????? a bientot

Pompeigne Nicole
1 mois il y a

Bonsoir effectivement ça donne envie de flâner au soleil .
Jeune retraitée j'aimerai aller en Italie sud à l'automne auriez-vous quelques adresses en vous remerciant par avance