“Valérie, elle est aussi italienne que moi !"

par Sylvain Hascoët - publié le mai 7, 2021

Chers amis, 

 

Cette histoire date des débuts de ma lettre Retraite au Soleil.

 

Valérie, installée de longue date en Italie, m’a raconté ce qui suit :

 

“Il y a quelques mois, je prenais un espresso dans “notre” bar de la piazza della Chiesa, discutant avec un ami italien, sans prêter d'attention particulière à la personne qui se tenait également au comptoir, à 1 mètre de nous. 

 

Jusqu'à ce que je distingue le mot "francesa" suivi d’une réponse très rapide du barman que je connais très bien.

 

Le gars en question avait demandé au barman si j’étais française en entendant mon accent. Et quand on lui a répondu qu'il n'y avait “que des Italiens ici”, l'homme a souri en précisant que ma façon de parler trahissait mes origines. 

 

"Mais c'est Valérie, elle est aussi italienne que moi !", dit alors le barman.

 

 

 

C’est marrant mais ce moment est resté gravé dans ma mémoire. Je me suis rendue compte à quel point je m'étais assimilée à la vie locale, au point de devenir “une des leurs”.

 

Mon mari et moi venons de fêter nos 10 ans de vie ici en Basilicate, dans le sud de l’Italie.

 

Le temps passe vite quand on vit la vie dont on rêvait.

 

On a pris le temps de se poser et de regarder dans le rétro, se retourner sur ce qu'on avait vécu et appris dans cette région d’Italie.

 

Et on a compris à quel point on y était attachés.

 

Attachés à la dolce vita. À la culture et à l'histoire. Attachés à la gastronomie.

 

Mais si je ne devais garder qu’une seule chose, l’unique chose qui fait de cette vie d’expatriés un bonheur quotidien…

 

...alors ce serait les Italiens

 

Des gens avec le coeur sur la main

 

Ce sont les gens qui donnent à l'Italie son style de vie, sa couleur, sa culture, ses traditions culinaires. 

 

Et ce sont ces gens, ces voisins, devenus nos amis, qui nous ont offert leur temps, leur aide, leurs rires, leur joie de vivre.

 

Je pourrais écrire des livres entiers sur les nombreuses façons dont ils ont partagé leur hospitalité et leur gentillesse avec nous.

 

En janvier dernier je descendais une rue piétonne enneigée pour rejoindre ma voiture garée sur la place.

 

Alors que je grattais péniblement le pare-brise, sans mon grattoir qui était coincé dans le coffre, Giovanni, un voisin qui venait de s’occuper de sa voiture, est venu me voir avec son grattoir à la main.

 

Je pensais qu’il allait me le prêter. Il a refusé.

 

A la place, il m’a suggéré de rentrer dans le bar à côté et de me réchauffer avec un bon café. 

 

Cinq minutes plus tard, il avait gratté tout mon pare-brise, et mes fenêtres !

 

Même chose, quand nous avons déménagé ici pour la première fois, nous avons fait livrer une stère de bois de chauffage. Le problème est que notre maison est située dans la partie piétonne de la ville et n'est pas accessible en voiture, encore moins en tracteur.

 

Le livreur n’avait pas d’autre choix, il a vidé sa remorque sur le parvis de l’église du village. 

 

Nous avons dû transporter les bûches dans des caisses et de grands cabas Ikéa, vraiment pas idéal, fatiguant et douloureux pour nos muscles de retraités !

 

Un gars qu’on ne connaissait pas nous a vus et a passé un coup de téléphone. En quelques minutes, son fils adolescent est arrivé avec deux amis. 

 

Ils ont rangé notre stère de bois à 3 jeunes, en totalité. Sans rien demander en retour. Simplement parce que le papa de l’un d’eux leur avait demandé de nous aider.

 

En fait tout est comme ça ici.

 

Pour notre premier Noël au village, l’épicière qui habite la même rue nous avait demandé si on aimait manger du lapin. On avait pas l’habitude d’en faire à Noël, mais j’ai répondu : “Oui” !

 

"C’est parfait parce que mon mari est en train de vous en préparer un." 

 

J’étais tellement touchée.

 

Et ça a continué : au fil des années, on a reçu des centaines d’œufs, des produits laitiers, des fruits, de la ricotta, des poulets et même une dinde, une fois. Uniquement en cadeau.

 

Le plus fou dans tout ça, c'est la simplicité avec laquelle on nous les donne : on frappe à la porte, je vais ouvrir, et "Tiens Valérie, pour la famille". À peine le temps de dire "grazie" que la personne est déjà partie !

 

Et combien de fois des inconnus nous ont offert un café ou nous ont accompagnés pour nous indiquer le chemin lorsque nous leur demandions des directions.

 

Certains ont même proposé de déjeuner chez eux après une brève discussion dans la rue. Et on l’a fait !

 

Des choses impensable pour nous qui venions de région parisienne...

 

 

Nous avons aussi pu être invités à des célébrations de mariage et maintenant on regarde avec beaucoup de tendresse les enfants de ces couples grandir. Ils sont un peu notre famille d’adoption.

 

Voilà, Sylvain, comment nous sommes devenus Italiens de cœur. Ça nous comble de bonheur”.

 

J’espère que ce témoignage vous aura autant touché que moi. Vous pouvez laisser votre commentaire ici.

 

Bien chaleureusement,

 

Sylvain Hascoët

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Fox
1 mois il y a

Bel article. Depuis très longtemps nous sommes ma femme et moi amoureux de ce beau pays. Si nous devions vivre dans un autre pays que la France, notre choix serait très rapide l’Italie. Merci de ce récit à l’honneur de nos amis italiens.

1 mois il y a

Bonjour
ou estes vous en Italie ?
merci pour votre partage
francette

Giuseppe
1 mois il y a

Très beau récit.merci.

Pierre Arthur
1 mois il y a

Une histoire fort similaire à la notre. Il y a un mot pour résumer tout cela : la bienveillance (benevolenza). Une attitude que plus généralement tous les gens mangés par les dogmes du libéralisme à outrance ont oublié (ou jamais connu ?). Et Dieu sait Qu’ils ont tort car la bienveillance et l’amour sont les seuls biens qui plus vous les dépensez plus vous en serez riches !

patrick dremaux
1 mois il y a

pourquoi ne peut on pas acheter les brochures en payant par carte ou pay pal

Datez
1 mois il y a

Très belle histoire, beaucoup d humanité ,mais en France pas de belles histoires comme celle ci .

Emmanuel catapano
1 mois il y a

c'est vrai pour une partie de l'Italie c'est à dire la partie sud j'ai mon frère qui vit depuis plus de 16 ans dans le trentin c'est pas du tout pareil et il ne sais toujours pas habitué à la vie dans cette région les gens sont froid c'est normal en est on montagne c'est des gens refermé sur eux même ma famille est originaire des pouilles c'est la région au sud de la basilicata et je connais une amie qui vit encore plus prés de la frontière Autrichienne c'est encore pire d'aprés ce qu'elle me dit

Roger
1 mois il y a

Bonjour,

Je veux juste te parler d'un aspect technique de tes mails.
Lorsqu'on ouvre ton mail on ne sait jamais lire l'entièreté de la phrase en entier, même si on le met dans une Nouvelle fenêtre afin de l'agrandir au maximum.

On doit sans arrêt jouer avec le curseur du bas pour aller lire les derniers mots à droite de la page.

J'ignore pourquoi, mais je me dit qu'il vaut mieux que tu le saches.

Je joins une copie d'écran pour que tu comprennes bien.

  1. ... avec son grattoir à la (on ne sait pas lire la suite)
  2. ... partie piétonne (on ne sait pas lire la suite)

Voilà.
J'espère que ça t'aidera.

Sinon, tes chroniques sont super bien faite et j'ai plaisir à te lire.

Roger de Québec
Ancien belge.
Expatrié au CANADA

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CAZETTES Christian
1 mois il y a

Tout ce que vous venez d'exposer au sujet de l'Italie, ça se passait comme ça en France aussi, mais il y a de cela au moins cinquante ans. Ca a bien changé depuis ! Hélas !